Temple khmer du VIIe siècle

Prasat Muang Singh à Kanchanaburi

Prasat Muang Singh - อุทยานประวัติศาสตร์เมืองสิงห์
Créateur Jayavarman VII
Date de construction fin XIIe siècle, début XIIIe siècle
Bouddhisme
Architecture Bayon [1]
Localisation 45 km de Kanchanaburi
Coordonnées 14°2′23.42″N 99°14′28.66″E / 14.0398389, 99.2412944

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Prasat Muang Sing à Kanchanaburi

Le Prasat Muang Sing est un temple khmer datant de la fin du XIIe siècle, début XIIIe siècle, édifié sous le règne de Jayavarman VII, dans le style du Bayon. C’est le temple khmer le plus à l’ouest connu à ce jour. Il est situé à environ 45 kilomètres de Kanchanaburi, Thaïlande.

Le nom moderne signifie Sanctuaire de la Cité du Lion, nom très probablement d’origine (une inscription sur la stèle du Preah Khan à Angkor, qui est encore en place, mentionne Srijayasimhaipura (la Cité du Lion victorieux) comme un des sites vers lequel Jayavarman VII envoya une statue de Jayabuddhamahanatha.

L’importance de Muang Singh vient de sa position stratégique, sur la route vers le Col des Trois Pagodes qui mène à la Birmanie. C’était une ville de garnison pour garder et protéger la frontière est de l’empire khmer. C’était un centre commercial important.

Le sanctuaire de latérite se trouve au centre d’une cité bien plus vaste, et l’ensemble des ruines forme un microcosme symbolique représentatif de l’univers. Les limites de la ville sont entourées d’un rempart surmonté d’un mur de latérite, mesurant environ 800 m sur 1.400 mètres. La forme n’est pas tout à fait rectangulaire ; le rempart sud longe la berge de la rivière Kwae Noi. À l’intérieur de ce vaste enclos, se trouve une série de sept douves et remparts de terre concentriques sur les côtés nord, est et ouest, représentant les mers et montagnes de l’empire céleste. À l’intérieur se trouve le sanctuaire lui-même, doté d’un enclos extérieur de 81 m par 104 m, et [2]. La partie centrale est une galerie rectangulaire, interrompue aux quatre points cardinaux par quatre gopura.

Le temple
Quand on pénètre par le gopura [3] est, on peut voir son profil à degré assez inhabituel, comparable avec le gopura plus ancien et en grès de Sdok Kok Thom. La galerie est assez complète, le faîte du toit bombé rappelant une nageoire de poisson. Dans la partie nord-est, près du gopura nord, se trouve un relief représentant Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion.
La restauration de Muang Sing prête à controverse car elle a été réalisée très rapidement et certaines reconstructions semblent suspectes.La partie la plus haute est à l’heure actuelle le gopura ouest, mais la forme de sa tour ne correspond à rien de connu.
Le sanctuaire central a quatre entrées. Il contient une copie d’une statue d’Avalokiteshvara [4], dont l’original se trouve au Musée National de Bangkok.


Prasat Muang Sing est ouvert tous les jours de 8 h à 16 h 30. L’entrée coûte 20 THB pour un thaï et 100 THB pour un étranger.
L’entrée est gratuite le jour des Enfants (2e samedi de janvier), le jour du patrimoine national (2 avril) et le jour de début du carême bouddhique.
Itinéraire
Prendre la route nationale 323 (Kanchanaburi – Saiyok), Sanfgchuto Road, jusqu’au km 15 puis tourner à gauche vers Prasat Muang Singha et continuer sur 7 km. Le site est à 7 km du Musée National de Ban Kao.
Informations  : tél. 0 3452 8456-7.

Notes

[1Entre 1150 et 1170, l’empire khmer connait une période trouble. Les armées Chams s’emparent d’Angkor, qu’elles mettent à sac, en 1177. Jayavarman VII restaure le pouvoir et un royaume plus puissant que jamais, en élevant le bouddhisme Mahayana au rang de religion d’état. Il fait bâtir une nouvelle capitale, Angkor Thom, qui accueille en son centre le vaste temple du Bayon et le Palais royal.

Le style du Bayon se caractérise les tours-visages. La sculpture nouvelle témoigne d’une grande activité créatrice, l’iconographie se diversifie, le symbolisme se développe et, pour la première fois, les scènes de la vie quotidiennes sont représentées.

[2À peu près un dixième de la ville

[3Un gopura est une construction par laquelle on franchit les murs d’enceintes.

[4Le bodhisattva Avalokiteshvara (seigneur qui observe), Tara en Inde est sans doute le grand bodhisattva le plus vénéré et le plus populaire parmi les bouddhistes du Grand véhicule. Il est aussi utilisé comme yidam dans les méditations tantriques.

Son nom est aussi traduit par « Considérant les voix du monde », « Qui considère les sons du monde », « Celui qui considère les appels ». À l’origine le nom du bodhisattva était Avalokita- (observateur, « percepteur ») - svara (son), ce qui désigne le rôle d’émissaire qu’il remplit auprès des Bouddhas Shakyamuni et Amitābhā dans le Kārandavyūha Sūtra. La traduction Guānyīn (Kwan Yin) reflète ce premier nom, alors que Guānshìyīn (Kwan-shih-yin), tout comme Avalokiteshvara, expriment la compréhension étymologique populaire ultérieure, loka  : « monde » et lokeshvara  : « seigneur du monde » semblant implicites dans Avalokiteśvara.

Bodhisattva protéiforme et syncrétique (il peut représenter tous les autres bodhisattva), incarnant la compassion ultime, il peut être féminin en Chine et au Japon  ; au Tibet, le Dalaï Lama est considéré comme une de ses émanations. Aussi nommé Padmapāņi ou Maņipadmā, il est invoqué par le célèbre mantra Om̐ Maņipadme hūm .