Religion et spiritualité

Nouvel an et bouddhisme en Thaïlande

Pour tous les « Nouvel An » fêtés en Thaïlande - Nouvel An grégorien, Nouvel An lunaire chinois ou thaïlandais, les bouddhistes de Thaïlande en profitent pour « faire du mérite », thaan boon [ใบบุญ] en visitant un des nombreux lieux sacrés du pays. Il en est ainsi à Kanchanaburi

Certains n’hésitent pas à profiter de ces trois « Nouvel An » pour visiter et rendre hommage aux lieux sacrés des temples et aux stûpas
 [1] dans toute la Thaïlande. Pour les bouddhistes, la nouvelle année est propice à son karma.

L’accumulation de mérite – boon en thaïlandais, du terme Punna en pali – est censé exercer une puissante influence sur les renaissances et la vie futures. La métempsychose  [2] est largement acceptée en Thaïlande où la théorie du karma se retrouve dans la sentence : tham dee, thee dee ; tham chuaa, thee chuaa , les bonnes actions mènent à de bons résultats ; les mauvaises actions à de mauvais résultats ».

Les voyageurs se rendent communément dans un temple, ils présentent des offrandes pour rendre hommage au Bouddha, Dhamma et Sangha – la trilogie sacrée du bouddhisme, la maîtrise des enseignements et la communauté. Les visiteurs viennent souvent tôt le matin pour offrir de la nourriture aux moines. Aumônes, bougies, fleurs et encens allumés sont déposés sur des autels dans le wihan  [3] ou à la base d’un stûpa.

Les mérites gagnés peuvent être transférés à des proches ou d’autres personnes aimées.

Environ 95% de la population thaïlandaise pratique le bouddhisme theravada. La doctrine theravada insiste sur les trois aspects principaux de l’existence : la dukkha, satisfaction impossible, l’anicca, nature éphémère de toute chose et l’anatta, non-substantialité de la réalité. Ces trois concepts, dus à Siddhartha Gautama au VIe siècle av. J.-C., s’opposent à la croyance hindoue en un moi éternel et bienheureux ( paramatman  [4]).

Un temple sacré très fréquenté dans la province de Kanchanaburi
Le Viharn Phra Thaen Don Rang

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Viharn Phra Thaen Don Rang


Dans le temple on trouve une dalle en pierre appelée Phra Thaen Don Rang. Les habitants pensent que cette dalle est sacrée et a été utilisée par le Bouddha pour rejoindre le nirvana. On y voit aussi une empreinte de pied de Bouddha réalisée en bois qui est la plus grande de Thaïlande ainsi qu’une dalle en pierre semblable à un lit. Autrefois, il y avait, de part et d’autre de cette dalle en pierre, deux arbres Shorea siamensis dont les feuillages se rencontraient. Dans le temple se trouvent également d’autres endroits sacrés comme le Bo Buanpra-ot, crachoir sacré, le Viharn Pra Anonda, etc.

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Phra Thaen Don Rang
Dalle en pierre ressemblant à un lit

Pour y aller :
Le temple se situe dans Amphoe Tha Maka, province Kanchanaburi.

Notes

[1Un stūpa est une structure architecturale bouddhiste que l’on trouve en Asie où il a suivi l’expansion du bouddhisme. C’est à la fois une représentation non figurative du Bouddha et un monument commémorant sa mort ou parinirvāna.

Le stūpa était à ses débuts un simple empilement de pierres au cœur duquel est enfermée une relique du Bouddha. D’après la tradition, après la crémation du Bouddha, ses reliques ont été partagées en huit et distribuées aux huit rois venus lui rendre hommage à cette occasion : Ajatashatru, le roi du Magadha, au Lichchavî de Vaishālî, aux Shākya de Kapilavastu, aux Buli d’Allakappa, aux Koliya de Ramagama, au brahmane de Vethadipa, aux Malla de Pāpā - Pāvā en pāli - et aux Malla de Kusinâgar. Ces reliques ont donné naissance aux premiers stūpas.

Tous les stūpas ne contiennent pas de relique.
on distingue quatre catégories de stûpas :
- les dhātu-chaitya qui abritent des reliques ;
- les paribhoga-chaitya qui contiennent des objets ayant appartenu au Bouddha ;
- les dharma-chaitya qui exposent la doctrine bouddhiste :
- les uddeshika-chaitya qui commémorent simplement le parinirvāna, chaitya étant un mot sanscrit signifiant sanctuaire.

[2La réincarnation successive de l’âme dans plusieurs autres corps

[3Principal sanctuaire de Bouddha

[4En théologie hindoue, le paramatman ou paramatma est âme ou l’esprit suprême dans le Vedanta et le yoga philosophies de l’Inde .