Population de Thaïlande

Les Karen sgaw de Kanchanaburi

La population karen en Thaïlande comptait 438 000 personnes au recensement de 2003, reparties en 1912 villages. Le chiffre généralement admis en 2011 est de 1,1 million de Karen établis dans 2.132 villages.
le Sgaw est la langue la plus largement répandue, comprise par un certain nombre de Pwo, celle dans laquelle " la nation Karen s’exprime et défend sa culture [1].

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Scène quotidienne au camp de réfugiés karenni
Camp-1, près de Mae Hong Son.
@Photo : Kyaw Zwa Moe/The Irrawaddy

Les Karen sont le plus important groupe tribal installé en Thaïlande. Les Thaï du centre les nomment Karyang et les Thaï du Nord les appellent Yang.
On dénombre en Thaïlande deux groupes principaux de Karen, les Sgaw (ou S’Kaw) et les Pow ainsi que deux groupes moins importants, les Pa O (Taungtu ou Tongsu) et les Kayah (Karenni ou Bwe). Les Karen se nomment eux-même Pra/Pwa K’gnaw en sgaw karen. Les Birmans distinguent Pwo et Sgaw en appelant les premiers Talaing Kayin (Karen môn) et les seconds Bama Kayin (Karen birmans).

Des Karen seraient arrivés en Birmanie vers 700 av.JC mais les premières mentions écrite [2] qui font référence aux Karen date du XIIe siècle
.

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Thenah, instrument karen
Photo @http://www.salweennews.org/english/01karen.htm

Ce sont les guerres birmano-thaï des XVIIe et XVIIIe qui ont occasionnées les premières implantations de Karen en Thaïlande. Les Karen ont migré volontairement dans les zones frontalières de la Thaïlande centrale, peu habitées ou dépeuplées à la suite des conflits. Le roi Rama I (1782-1809) a favorisé l’installation de Môn et de Karen dans la région de Sangkhlaburi dans la province de Kanchanaburi.
Ceci fut accompagné d’un large opération d’assimilation . Des Karen ont été nommés à des postes clés dans l’administration siamoise [3]. Si Sawat avait un chef karen, tout comme Sangkhlaburi. [4] .

les Sgaw, repoussés par les Birmans, se réfugièrent aussi dans les monts Yoma (région de Pegou [5])la basse Birmanie en étant à la tête du royaume de Pegou jusqu’en 1539.

 [6]
Ces Karen convertis formèrent l’élite des cadres coloniaux britanniques au XIXe. Pendant la Deuxième guerre mondiale et l’invasion japonaise, suite à de nombreux pogromes contre les Karen, ces derniers organisèrent des maquis pro-britanniques, les Birmans collaborant avec les Japonais.

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Carte camps de réfugiés en Thaïlande


Le coup d’État du général Ne Win avec l’instauration de la dictature a provoqué la fuite de nombreux Karen en Thaïlande. Les camps de réfugiés en Thaïlande forment alors une longue chaine tout au long de la frontière. On compte en 2007, quelques 140 000 personnes réparties dans sept camps principaux [7]. Dans les camps de réfugiés on compterait 65% de chrétiens pour seulement 28% de bouddhistes, la guérilla étant essentiellement le fait des minorités chrétiennes.
En 2007 la Thaïlande des généraux putschistes [8] a renvoyé un grand nombre de réfugiés en Birmanie et durci la réglementation qui les concernent.


Langues
- Famille linguistique : sino-tibétaine.
- Groupe linguistique : tibéto-birman.
- Branche linguistique : karenni Les deux langues principales parlées en Thaïlande sont le Sgaw et le Pwo. Ces dernières sont très différentes l’une de l’autre. Il existe également de nombreux dialectes utilisant fréquemment des mots des langues birmanes, mon, shan et thaï.

Notes

[1L’hymne national, un texte sur le drapeau karen sont écrits en sgaw. Plusieurs sites Internet sont en
Voir ici.

[2Stèle commémorative môn

[3Principalement au terme de la période d’Ayutthaya

[4Au début du XIXe siècle, Khun Suwannakhiri , le souverain de Sangkhlaburi, un Karen a été désigné sous ce nom , et plus tard, élevé par un roi thaïlandais comme Phra Suwannakhiri. Le fils de la dernière personne à ce titre est devenu le maire de Kanchanaburi.
Les racines pali et sanskrit utilisées pour nommer les responsables karen rendent difficile la détermination de l’origine ethnique de la personne. Phra Si Suwannakhiri, peut se traduire par Seigneur de la Montagne d’or , évoquant Kanchanaburi (littéralement Ville d’Or)
Les Karen ont très certainement eu un rôle important dans l’histoire thaïlandaise qu’il est, de ce fait difficile d’apprécier. Dans les Chroniques d’Ayutthaya, le mot, Karen (Kariang), ne parait pas une seule fois. De même, dans Chroniques mon , il n’y a qu’une seule référence à la langue (kareang) karen.

Le mariage a été important dans l’assimilation des Karen par les Thaïlandais thaï, Un gouverneur thaï avait avantage à épouser épouser la fille d’un chef karen, ou le propriétaire d’une exploitation forestière choisir une épouse karen dans un village au sein de la forêt. Des femmes karen ont été enlevées pour servir d’épouses dans les villes. Les histoires que racontent les Karen âgés pullulent de jeunes filles karen fuyant dans la jungle lorsque s’approchaient des hommes thaï. Les familles ont alors oublié l’ancêtre karen.

[5Pegou , Bago est une ville de Birmanie, la capitale de la région éponyme proche de la Thaïlande et relié par une route à Mae Sot. Elle est située à 80 km de Rangoun. Sa population est de 220 000 habitants.

[6En 1822 le Dr Judson, le premier missionnaire baptiste américain au Myanmar, a converti Ko Tha Byu, esclave dans le bazar de Moulmein acheté par Shwe Be, un chrétien birmane et disciple de Adoniram Judson. Ko Tha Byu, devenu missionnaire, après 12 ans (1828-1840) de mission, pouvait compter 1270 membres appartenant à l’église baptiste karen, dispersés sur un territoire étendu dans des dizaines de villages.

[7Selon le Comité des réfugiés karen

[8Le coup d’État de 2006, conduit par les militaires, a renversé le gouvernement de Thaksin, triomphalement réélu précédemment et dont ceux qui s’en réclament ont gagné toutes les élections récentes. Yingluck Shinawatra (ยิ่งลักษณ์ ชินวัตร), la sœur cadette de Thaksin dirige le gouvernement actuel en 2013.