Tourisme de masse et affaires

Le tourisme vert en Thaïlande est-il en danger ?

La Thaïlande attire toujours autant les voyageurs, malgré les incidents politiques répétés qui agite le pays et dont les derniers ont connu une répression sanglante en avril et mai 2010.
Nous sommes inquiets quand nous voyons les autorités de ce pays parler de développer le tourisme vert.
La province de Kanchanaburi a été épargnée par la peste du tourisme de masse qui a détruit toute authenticité dans les iles et régions balnéaires du pays. L’industrie du loisir recherche donc de nouveaux débouchés et entend bien surfer sur la vague écologiste à la mode. Un tel développement aliéné aux trusts ne peut se faire qu’au détriment de la nature et des populations locales.

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Tourisme vert vu par Méridien à Phuket

On savait les autorités très attachées à promouvoir le tourisme de l’élite thaïlandaise et mondiale avec des terrains de golf somptueux [1] des hôtels de luxe et des condos extravagants par leur prix. Sans oublier le très fructueux commerce du sexe dans ce pays où la prostitution est rigoureusement interdite.
Malgré les discours alarmistes et mensongers du gouvernement Abhisit, les chiffres de fréquentation fournis par l’office du tourisme montrent que ces évènements violents n’ont pas enrayé l’engouement croissant pour le Pays du sourire.

Entre janvier et octobre 2010 [2], La Thaïlande a accueilli plus de douze millions de visiteurs, dont quatre millions de voyageurs européens, les Français étant les premiers aujourd’hui.

Les Français y passent en moyenne deux semaines et dépensent 3.600 THB  [3]. « La Thaïlande n’est pas une destination bon marché. Je parlerai plutôt de luxe abordable », nous explique Prakit Piriyakiet, responsable marketing et communication de l’office du tourisme. Dans les faits une grande partie de ce budget est détournée vers des chaines hôtelières multinationales qui investissent en quantité dans ce luxe abordable, salons de massage body-body inclus. Les activités naturelles sont transformées en attractions à la sauce Disneyland métissée Barnum comme l’a été le sanctuaire des tigres dont on ignore à qui profitent les énormes sommes collectées [4].

En 2010, l’office de tourisme a décidé de pousser le tourisme vert, notamment dans le parc national de Khao Yai et la baie de Phang Nga avec ses superbes chutes d’eau et ses villages authentiques fabriqués de toute pièce par les consortiums internationaux. Dans certaines iles, les plages ont été privatisées, bétonnées et l’accès interdit aux autochtones comme les Gitans de la mer [5]...

Les affairistes de Thaïlande souhaitent aussi développer la fréquentation dans des régions moins connues et achètent des terrains en quantité [6]. Aujourd’hui seules 25 provinces sur 76 sont exploitées sur le plan touristique par le business du tourisme cher aux patrons du FMI.

Notes

[1Tout pour le green : est-ce là le tourisme vert dont le ministre et la Tourism Autority Thai causent ?

[2Ce qui englobe cinq mois de troubles politiques

[393 EUR par jour, l’équivalent de 20 jours de salaire minimum à Kanchanaburi

[5Les Nomades de la mer, Chao Lay sont les « étrangers venus de la mer ». Étranges étrangers, en vérité, puisqu’ils fréquentaient ces iles bien avant l’arrivée des population thaï au XIVe et XVe siècles. Les Thaïlandais utilisent ce terme, Chao Lay, pour désigner toutes les minorités nomades, musulmanes pour la plupart, qui vivent dans la mer d’Andaman, en bordure des côtes birmanes, thaïlandaises et malaises.

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Gitans de la mer
Ils vivent dans les iles de Phang Nga e sont repoussés par les « envahisseurs » à la conquêtes de nouvelles plages à bétonner...


Ils se répartissent en trois grandes familles : les Mokens ; les Moklens et les Urak Lawoï. Ces derniers utilisent un dialecte malais.

[6Ainsi à Kanchanaburi une grande chaine a acheté un terrain boisé d’arbres magnifique en bordure de la Rivière Kwaï, en prévision de la construction d’un complexe hôtelier. La première chose qui a été faite a été l’arrachage de ces arbres centenaires. On ne sait jamais les lois de protection de la nature pourraient être appliquées un jour ou l’autre, ou bien la corruption plus couteuse dans l’avenir