Sur le blog My asian trip - mon voyage en asie

La gueule du Dragon, le vélo qui crève et le train de la mort

Mike a mis un peu de temps à me défaire de la fausse idée qu’ici il y a juste le pont de la rivière Kwaï à voir, selon ses propres termes.
Mike fait des photos en noir-et-blanc... magnifiques.
« Ce voyage en Asie me permettra de retourner un peu aux sources de ce que j’aime en photographie. »

La preuve :

Non, je ne suis pas à une fête foraine mais bien à Kanchanaburi dites bouri à la fin si vous voulez pas passer pour un Farangset [1] ). J’ai mis un peu de temps à me défaire de la fausse idée qu’ici il y a juste le pont de la rivière Kwaï à voir.
[...]
Je commence ma découverte de la ville à pieds et me rends jusqu’au fameux pont. Architecturalement parlant, c’est assez quelconque mais c’est évidemment son histoire et le symbole qu’il représente qui sont importants ( cf Le pont de la rivière Kwaï ).
[...]
Je demande un plan et les horaires des trains de la ligne tristement surnommée Death Railway, train de la mort pour les milliers de morts lors de sa construction dans des conditions affreuses.

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La gueule du Dragon

Retour à pieds à ma guesthouse, location de vélo et direction le bureau de la TAT (Autorité Touristique de Thaïlande ) que je vais saouler de questions. J’en ressors avec plein de prospectus mais surtout une carte pour aller voir les quelques temples qui m’intéressent.
[...] me voilà au premier temple. De prime à bord, je me dis : « Tout ça pour ça » et suis tenté de poursuivre directement jusqu’au deuxième mais je vois un petit stand où me restaurer et décide donc de m’arrêter. En m’approchant, j’aperçois à flanc de montagne un grand escalier avec au bout une gueule de dragon béante. Et ben, il est intéressant ce temple en fait. Après avoir commandé du " khao pak gab mou [2]" - oui c’est le seul truc que j’arrive à commander en me faisant comprendre facilement du riz sauté, je fais juste varier la viande - je pars à l’attaque des marches et elles sont nombreuses. [...], ça ressemble beaucoup à la station de métro Abbesses [3] en fait, puis une grotte avec le temple à proprement parlé dedans. . [...], puis j’emprunte le petit escalier de fer qui mène à l’air libre et à un chemin fait de marches, encore, des marches toujours des marches, pour arriver au sommet. Tout en haut, il y a rien à part un drapeau et une vue imprenable sur la rivière.

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La gueule du Dragon

[...] pour arriver au Wat Tham Sua. Un édifice très imposant qu’on voit de loin, si bien que j’ai cru dix fois être presque arrivé. A côté il a un petit frère, dont l’entrée est juste en face de la route. Du coup, je rentre dans celui-là, monte un escalier puis deux, puis trois, puis redescends, remonte, là ça mène nulle part... Bref, j’arrive en haut sur une terrasse d’où il est impossible de passer dans le temple voisin. Y a même un barbelé entre les deux. Ils ont du se brouiller à un moment et depuis, c’est la guerre.[...]... Je dévale les marches, vais vers l’entrée du temple principal et là, bel escalier bien raide que je gravis, ça me fait plus rien maintenant. Ce wat est étonnant. Je n’avais rien vu de pareil en Thaïlande. Il est évidemment démesuré avec notamment son immense bouddha et sa tour conique mais surtout le style architectural ne ressemble à rien de ce que j’ai vu jusque là en Thaïlande. C’est un temple chinois. La vue à presque 360° [4]sur la campagne environnante vaut le détour. Mes mollets semblent du coup ne pas m’en vouloir des efforts que je leur ai imposés. Reste plus qu’à rentrer. À pédaler, pédaler, pédaler... Oui, je voulais encore voir un autre temple avec une none qui flotte, [5] paraît-il, mais j’ai peur qu’à l’heure où j’arrive il ne soit fermé et qu’elle ne flotte plus.

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Train de la mort Kanchanaburi

[...] Dans les guides ou sur les dépliants, la photo qui illustre cette ligne est souvent celle de la portion où le train est à flan de montagne, à droite, la pente abrupte, à gauche le vide. Mais ça ne représente qu’une infime partie du parcours. À la gare de Kanchanaburi, je me retrouve rapidement noyé parmi un groupe de scouts qui apparemment ont la même destination finale que moi : Sai Yok Noï. Ils sont tous armés de bâtons et certains s’amusent à me demander en anglais si je vais bien ou comment je m’appelle. Deux des organisateurs demandent même à être photographiés avec moi. Je suis une star en Thaïlande, je vous dis ! ;)

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Train de la mort Kanchanaburi

Arrivé à Namtok, une heure plus tard que prévu,[...] monsieur prend son temps et va au restaurant manger du poulet aux noix de cajou. J’explique où je veux aller ensuite, du coup, le père de la famille m’emmène lui-même gratuitement dans sa belle voiture et me donne de précieux conseils pour rentrer en bus. Je dois dire que je m’attendais à ce qu’il y ait un peu plus à voir car outre la cascade unique et quelques grottes assez loin, on a vite fait le tour. Par contre, ce qui est sympa c’est qu’on a le droit de grimper et faire trempette dans la chute d’eau. Sauf que j’ai pas pris mon maillot, je ne sais pas pourquoi mais il ne m’est pas venu à l’idée qu’elle serait accessible à la baignade. Je trempe que les pieds du coup.

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chute d’eau de Sayok Yai

Retour en bus, c’est plus rapide et moins cher et surtout, le dernier train part à 15 h 30, le dernier bus à 17 h...

Voir en ligne : La gueule du Dragon, le vélo qui crève et le train de la mort

Notes

[1ฝรั่งเศส (fa rang saeht), français. Ce mot est à l’origine de ฝรั่ง (farang) qui désigne les étranger blancs.

[2Mike veut sûrement parler du
ข้าวผัดกับหมู (khaao phat gap muu). pak signifie bouche et celà a du faire beaucoup rire les Thaïlandais. Sauté se dit phat. Ici du rz sauté avec du porc.

[3Abbesses la station du métro de Paris la plus profonde de Paris. elle se trouve à 36 mètres sous le niveau du sol.

[4Pas presque, entièrement

[5Le wat Wat Tham Mangkon Thong. Notre ami Mike a échappé à des escaliers de 95 marches au total.