Inondations : situation aggravée en Thaïlande

L’aéroport Don Muang evacué

L’AOT (Service des aéroports de Thaïlande) a ordonné la fermeture de l’aéroport de Don Muang, ce mardi 25 octobre 2011 à 19 heures jusqu’au 1er novembre au moins...
La digue de sacs de sable qui protégeait le deuxième aéroport de Thaïlande a cédé.
Cette mesure a été prise pour la sécurité des passagers, l’eau a recouvert les pistes et endommagé l’éclairage.

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L’aéroport Don Muang à Bangkok évacué
L’eau dans le district de Don Muang

Nok Air et Orient Thai, qui opèrent à partir de Don Muang, ont détourné leurs vols sur l’aéroport international de Suvarnabhumi et le personnel a été évacué.

La circulation aux abords de l’aéroport et rendue difficile en raison de l’évacuation des véhicules que les propriétaires avaient tenté de mettre à l’abri sur les parkings.

La rupture d’un barrage à Lak Hok prés de Pathum Thani fait craindre la monté des eaux dans cette zone jusqu’à un mètre et demi. Par mesure de sécurité le FROC (Centre de coordination des secours) demande aux habitants de quitter rapidement les lieux.

L’autoroute Vibhavadi Rangsit est sous plus de 50 cm d’eau et la jonction avec Yothin sous plus de un mètre. Le trafic routier y est totalement interrompu.

Le ministre de la Justice et directeur du FROC, Pracha Promnog, a annoncé la fermeture des services publics de jeudi 26 octobre 2011 à lundi inclus, dans 21 provinces dont la capitale Bangkok. La rentrée des écoles publiques, actuellement en vacances, a été reportée au 15 novembre.

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Victime de inondation hébergée à Don Muang
L’aéroport Don Muang héberge le centre de secours pour les sinistrés. Un des terminaux a été converti en abri d’urgence où se trouvaient environ 4000 personnes.
Les autorités ont annoncé le déplacement des milliers de personnes qui s’y sont réfugiées.

Six districts de Bangkok, au moins, étaient inondés mardi. La municipalité ne peut donner un chiffre exact. Plusieurs autres districts sont menacés. Bangkok avait été classée par l’OCDE parmi les grandes villes côtières les plus exposées aux inondations
 [1] d’ici à 2070.

Le niveau du Chao Phraya devrait atteindre les 2,60 mètres dans les jours à venir alors que les berges font en moyenne 2,5 mètres de hauteur, selon le gouverneur de Bangkok, Sukhumbhand Paribatra qui a dit
«  Je répète mon avertissement à ceux qui vivent à proximité (...) de mettre leurs biens en hauteur et d’être en alerte maximum ».

Quelque 16 produits de base (dont l’eau minérale, le savon, les œufs) vont faire l’objet d’importations exceptionnelles, alors que les bouteilles d’eau sont déjà absentes des supermarchés. Les autorités ont promis que l’électricité pourrait être maintenue dans toute la ville.

Le gouvernement est désormais dépassé par les conséquences du manque de préparation dans les années passées et d’une mousson surabondante qui a déjà tué plus de 900 personnes en Asie du Sud-Est, dont 360 en Thaïlande.

La seule question importante est de savoir maintenant à quel point le centre-ville historique, financier et commercial sera touché.

Mais malgré ses appels à la coopération de tous, le pouvoir ne parvient pas à faire taire les conflit et les dysfonctionnements entre le cabinet Yingluck, l’opposition démocrate auquel appartient le gouverneur de Bangkok, et l’armée. Les amis de la dictature de généraux entendent bien profiter des malheurs des Thaïlandais pour déstabiliser le gouvernement élu. Il bénéficient de l’aide des grands médias internationaux et des ONG au service de l’ONU.

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Canal Street, New Orleans
l’ouragan Katrina a atteint la Louisiane les 28 et 29 août 2005.
Il a fait des milliers de morts suite à la rupture (prévisible) d’une digue
et à l’incapacité du gouvernement américain,
si prompt à envoyer 500.000 soldats à l’autre bout de la planète,
à protéger et à secourir ses concitoyens sur son propre territoire...

Pour mémoire les États-Unis, la première puissance économique du monde [2], qui ont proposé leurs service à la Thaïlande, avait été incapables de réagir efficacement après la tragédie provoquée par l’ouragan Katrina en 2005, le président George W. Bush avait reconnu alors, que le gouvernement n’avait pas été à la hauteur et avait demandé la révision des plans d’urgence pour les métropoles américaines.
Le New Orleans Police Department avait été discrédité par des centaines d’abandons de poste (près d’un tiers des effectifs).

Notes

[1Dans une étude de 2007 - Ranking port cities with high exposure and vulnerability to climate extremes , l’OCDE indiquait que 150 millions de personnes environ pourraient être exposées à des inondations côtières centennales d’ici à 2070, contre 40 millions actuellement. L’impact financier passerait quant à lui à 35.000 milliards USD d’ici 2070, au lieu de 3.000 milliards en 2007.

Le Secrétaire général de l’OCDE - Organisation de Coopération et de Développement Économiques, Angel Gurría avait déclaré que les pays du monde entier devaient agir maintenant pour aborder le défi économique du changement climatique : « Le climat a bel et bien commencé à changer, et une action concertée est indispensable pour en prévenir les conséquences les plus néfastes. Pour les combattre, il existe tout un éventail de moyens économiques envisageables et une volonté politique est indispensable pour les concrétiser. »

Environ la moitié de la population totale exposée à des inondations côtières provoquées par des marées de tempête et aux dommages imputables à des vents violents est concentrée dans seulement dix grandes villes.

Les villes exposées en 2007 qui possèdent les actifs (biens et infrastructures) les plus importants en valeur se trouvent principalement en Asie  : Calcutta est suivie de près par Mumbai, Dhaka, Guangzhou, Ho Chi Minh Ville, Shanghai, Bangkok, Rangoon et Hai Phong. Miami est la seule qui soit située hors d’Asie parmi les dix grandes villes les plus menacées.

À Bangkok, la crue centennale du Chao Praya s’est conjuguée avec des grandes marées empêchant l’écoulement des eaux du fleuve.

[2La Thaïlande arrive en trentième position derrière l’Iran