Samedi 10 décembre

Jour de la constitution thaïlandaise

Le 10 décembre la Thaïlande commémore l’anniversaire de la constitution de 1932, la première de l’histoire du Siam.
La Thaïlande est le seul pays d’Asie de sud-est qui a su préserver son
indépendance politique faces aux pressions colonialistes et impérialistes du XIXe siècle. Jamais colonisée, elle ne s’était jamais vue imposer un système politique occidental.

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Democraty Monument à Bangkok

Vers le IXe, de premiers groupes de Thaï, provenant de la Chine du Sud, commencent à s’établir au frontières nord de l’empire khmer dans les monts Dângrêk [1] au sud du bassin de Khorat. Pendant les XIsup>e et XIIsup>e siècles, l’élément thai devient majoritaire dans la population de la région.
Au XIIe siècle, vers 1120, le Siam (devenu depuis la Thaïlande vécu sous le régime politique de la principauté patriarcale courante dans les population d’essarteurs, jusqu’à l’époque de Sukhothai, au XIIIe siècle où un état fort et centralisé a permis la riziculture irriguée
 [2].
La monarchie absolue succéda pour une longue période à ce régime.
Les anciens royaumes du Siam ont largement bénéficié de l’héritage politique et religieux des civilisation indiennes brahmanistes ou bouddhistes qui avaient pénetré l’Asie du Sud-Est dès le IIe siècle.

En 1932, la monarchie absolue siamoise céda la place à une monarchie constitutionnelle.
En 1932, un coup d’état animé par des cadres militaires et administratifs instaura un régime de monarchie constitutionnelle et parlementaire, en lieu et place de la monarchie absolue. En fait, durant plusieurs années, le pays fut soumis à une dictature militaire par les forces armées. En 1938, le dictateur Phibun Songkram, chef du gouvernement, donna au pays le nom de Thaïlande, dont la traduction en thaï siamois signifie terre des hommes libres, expliquant ainsi la fierté de ce peuple de n’avoir jamais été colonisé.
Le système parlementaire britannique a été choisi comme modèle en 1932
L’instabilité gouvernementale due à la mainmise sur le pouvoir de l’armée, gangrène la vie politique de la Thaïlande qui a connu dix-sept coups d’états depuis 1945 et seize constitutions depuis 1932.

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Coup d’État militaire en Thaïlande
Photo AFP


L’année 1997 vit apparaitre la première constitution un tant soit peu démocratique. Le 19 septembre 2006, le gouvernement largement élu de Thaksin Shinawatra, ennemi juré de l’armée et par des élites réactionnaires de Bangkok, a été renversé dans un coup d’État encouragé par le FMI [3]. Le dictature militaire a fait voter une nouvelle Constitution rétrograde et a tenu des législatives en décembre 2007 remportées très largement par le PPP proche de Taksin.
La nouvelle Constitution a été élaborée, puis adoptée par référendum en août 2007. Sans revenir à la formule d’un Sénat intégralement nommée qui existait auparavant, 74 sénateurs sont nommés. Les sénateurs ne plus appartenir à un parti politique depuis au moins 5 ans. Le Sénat de Thaïlande dispose d’un pouvoir de véto absolu face à toute réforme du cadre institutionnel fondamental (révision constitutionnelle ou adoption des lois organiques). Dans le domaine des lois ordinaires, il peut retarder l’adoption des textes pendant 180 jours [4].


À propos des gentilés et de l’orthographe
Les gentilés, de mani_re gé,érale, ne portent pas la marque du pluriel et du féminin que ce soient des substantifs ou des adjectifs. On ecrit donc les Lao, groupe linguistique et ethnique majoritaire du Laos. Les accords sont fait quand les gentilés sont courants et plus ou moins entrés dans la langue française, ce qui fait que les Thaïs, les Birmans, les Viets et les Khmers bénéficient de façon générale de la marque du pluriel et du féminin dans la littérature ordinaires. Les Hmong, les Akha, les Lahu, les Môn et les Karen, en sont normalement exemptés dans la langue soutenue. Le manque d’homogénéité de ces pratiques complique l’usage. Une bonne pratique est de ne pas accorder les gentilés ni en genre ni en nombre. Les gentilés des habitants des États reconnus internationalement bénéficiant des règles d’accord les Thaïlandaises, les Laotiens, les Cambodgien, les Singapouriens, et les Birmans [5] par exemple.

Notes

[1En thaïlandais : ทิวเขาพนมดงรัก, Thio Khao Phanom Dong Rak

[2Les terroirs rizicoles irrigués constituent la base nécessaire à l’établissement d’un État (muang) fort. Celui-ci permet le développement d’une agriculture intensive avec une main d’œuvre importante et la bonne maîtrise de l’eau. La réalisation de systèmes d’irrigation a donc été possible au sein d’États naissants, depuis le XIIIe siècle dans la Thaïlande du nord, dans le royaume de Lanna. Le monde civilisé est celui de la rizière associée au Roi et à une grande religion, par opposition au monde de la forêt et des phi méprisé par les habitants des plaines.

[3Le Ministre des finance de la junte était Chalongphob Sussangkarn fonctionaire de la Banque Mondiale (BM) de 1979 à 1984. En 1998, alors que la crise financière faisait encore des ravages, Chalongphop, alors président de l’Institut de recherche en développement de Thaïlande, tint ces propos : « ... la meilleure stratégie pour la Thaïlande est d’essayer de suivre strictement les conditions du FMI. Il revient aux organisations internationales et des pays aillant une forte influence auprès du FMI de débattre des solutions appropriées à la présente crise et d’apporter des changements s’il se dégageait un consensus. »
La junte nomma également comme Gouverneure de la Banque centrale de Thaïlande, Tarisa Watanagase, économiste au FMI de 1988 à 1990.

[4La nouvelle constitution a considérablement renforcé le rôle et le pouvoir des militaires, des juges et des fonctionnaire et a diminué dans les mêmes proportion le pouvoir exécutif. Le nombre de député élus aux proportionnelles a été réduit.

[5Dans la langue courante, il faut utiliser
Birmanie, union de Birmanie, Birman(s), Birmane(s).
La recommandation officielle française est la suivante : (Birmanie) doit être retenue dans la quasi-totalité des travaux. Les variantes Myanmar, Union du Myanmar (recommandées par les normes ISO/Afnor et B.T.N.U. 1995) ou Myanma ne sont tolérables que dans les travaux spécialisés.