L’hévéa fait vivre 10 % de la population

Hévéa - Hevea brasiliensis - dtohn yaang - yaang phaa raa

L’Asie fournit plus de 90% de la production mondiale de caoutchouc naturel.
La Thaïlande est le premier producteur mondial [1] pour une surface plantée d’environ 2,2 millions d’hectares.
Plus de 90% des plantations sont des petites exploitations familiales [2].
Actuellement près de 10% des Thaïlandais vivent de la production, du commerce et de la transformation du caoutchouc naturel [3]. La culture de l’hévéa revêt donc une importance majeure tant économique que sociale pour le pays.

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Plantation d’hevea brasiliensis

L’hévéa - Hevea brasiliensis - ต้นยาง dtohn yaang - est une espèce d’arbres, du genre Hevea, famille des Euphorbiaceae. On en extrait un latex qui est transformé en caoutchouc.
L’hévéa a été découvert par Charles de La Condamine en 1736. Il a été décrit pour la première fois par le botaniste français C. Fresneau, en 1747. Les premières graines ont été collectées à grande échelle par un Anglais Sir H. Whickam et envoyées au Jardin botanique de Londres, puis à Singapour à la fin du XIXe siècle provocant la naissance et l’extension de l’hévéa-culture en Asie, puis au cours du XIXe siècle, en Afrique de l’Ouest et en Amérique latine.
En Amazonie, son lieu d’origine, l’Hevea brasiliensis est un arbre atteignant de 30 m à 50 m de hauteur pour un diamètre de 30 cm. L’écorce est vert grisâtre. L’hévéa renouvelle ses feuilles chaque année. Il porte des grappes de petites fleurs jaune clair.

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Exploitaion de l’hévéa en Indochine coloniale
Société des plantations d’An Loc. Création en 1910. 171 coolies engagés et 632 coolies libres. Production en 1928 de 375 tonnes de caoutchouc.

L’Hévéa est cultivé pour son latex, cytoplasme de cellules spécialisées, formant un réseau para-circulatoire au sein de l’écorce interne de l’arbre. Le latex est la seule source rentable de caoutchouc naturel avec caractéristiques jamais égalées [4]. Un incision de l’écorce en profondeur pour sectionner les vaisseaux laticifères, la saignée , est pratiquée pour le récolter.
Le latex est différent de la sève qui assure l’alimentation en eau, sels minéraux ou glucides. Le latex est impliqué dans les mécanismes de défense naturels de l’hévéa. Deux réseaux distincts de vaisseaux sont donc présents. Comme la résine du pin en France, le latex suinte lors d’une blessure de la plante et forme en séchant une croûte protectrice. Le latex récolté est le cytoplasme composé de particules de caoutchouc en suspension et d’organites comme les lutoïdes. Les noyaux et les mitochondries restent fixés aux parois des cellules, assurant le renouvellement du latex après la collecte. Les particules de caoutchouc représentent 25 à 45 % du volume du latex et 90 % de la matière sèche.

À l’issue de sa période d’exploitation, l’hévéa est coupé pour être replanté.

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Hévéa avec fruits verts
Le fruit de l’hévéa qui contient les graines est une capsule généralement à 3 loges correspondant aux 3 loges de la fleur femelle. Chaque loge contient une graine.



Hevea brasiliensis
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Sous-classe Rosidae
Ordre Euphorbiales
Famille Euphorbiaceae
Genre Hevea
Nom binominal : Hevea brasiliensis / Müll.Arg., 1865

Notes

[1La quantité de latex produite en 2010 est d’environ 700 à 750 millions de tonnes pour une production de caoutchouc naturel de 2,2 millions de tonnes en 2010 dont 1.965 millions de tonnes pour l’exportation
Depuis le creux atteint fin 2008, les cours du caoutchouc ont été multipliés par quatre. En an 2010), la hausse atteint 60%. Un prix record jamais atteint depuis 60 ans. Cette augmantaion a provoqué des dérives comme l’exploitation illicite en zone protégée

[2Deux ha en moyenne.

[3Le caoutchouc naturel est utilisé pour la fabrication de produits extrêmement variés, en premier lieu de pneumatiques, qui représentent la moitié environ de la consommation totale d’élastomères naturels ou synthétiques. Les articles en caoutchouc comprennent notamment tuyaux, courroies, chaussures, articles chirurgicaux et tissus caoutchoutés.
Le caoutchouc naturel représente environ 36% de la consommation totale d’élastomères aujourd’hui (2010), contre 40 % en 2000.

[4Des chercheurs allemands espèrent réaliser d’ici à 2020 des pneumatiques en caoutchouc de pissenlit déjà utilisé à cette fin lors la Seconde guerre mondiale. Les chercheurs allemands sont parvenus à créer des pissenlits transgéniques dans lesquels l’enzyme à l’origine de la coagulation a été désactivée avec des rendements de 4 à 5 fois plus élevés. Entre 500 et 1000 kg de latex pourraient ainsi être produits par hectare de pissenlits. Non allergène, ce latex pourrait donc se substituer à celui qui est issu de l’hévéa.