Éléphants confisqués à Kanchanaburi

Éléphants malades. Depuis quand ?

Huit des éléphants saisis dans le parc de Saiyok Elephant ont la tuberculose [1]. Quinze des dix-huit sont en mauvaise santé. Le Parc et la DNP se renvoient la balle.
Un éléphant est mort récemment faute de véritables soins dans le parc où il avait été transféré par le DNP. Le mauvais état de santé de quinze autres animaux confisqués fait naitre une polémique entre les exploitants du parc et les agents de l’État.

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Lampang. comme au cirque !
Quelles précautione sanitaires après la découverte des cas de tuberculose et de tétanos ?

Les propriétaires du Saiyok Elephant Park, dans le district de Sai Yok, prétendent que les animaux étaient en bonne santé quand ils ont été saisis par les autorités, Le vétérinaire du gouvernement, Sittidet Mahasawangkul, dit qu’ils sont tombés malades dans le parc à Sayok.

Les éléphants ont été saisis le 29 février 2012 [2], par les agents du National Parks, Wildlife and Plant Conservation Department, qui pensent que les animaux ont été obtenus illégalement.

Une femelle, Sri Thong, est décédée le 20 mars 2012. Les contrôles sanitaires, effectués par les fonctionnaires du Department of Livestock, sur les dix-huit autres auraient révélé que quinze d’entre eux étaient malades.

Sittidet, directeur de Elephant Hospital au National Elephant Institute (NEI) à Lampang, a déclaré que huit d’entre eux ont la tuberculose, tandis que les autres ont des infections du sang et d’autres maladies.

« Je veux qu’il soit clair pour le public que ces éléphants ont développé leurs maladies quand ils vivaient dans le parc [Sai Yok Elephant Park] d’éléphant »

a-t-il ajouté, avant de poursuivre :

« Nous faisons de notre mieux pour sauver leur vie, mais je crains que d’autres puissent mourir, trois sont dans un état critique, un a le tétanos, un des problèmes digestifs et un à une maladie respiratoire. »

Sandee Duanpen du Sai Yok Elephant Park a développé le thème que les éléphants confisquées auraient été en bonne santé quand ils ont été saisis. Les maladies dont ils souffrent maintenant auraient été contactées depuis leur confiscation...

Elle a également allégué que les éléphants étaient gardés dans de mauvaises conditions et ont été maltraités par les fonctionnaires de l’État (Ce qui pour le moins un euphémisme quand on voit les conditions de saisie des animaux).

Sandee émet aussi un doute sur l’authenticité d’échantillons de tissus post mortem, recueillies sur Thong Sri. Et elle affirme aussi n’avoir pas reçu des autorités, la notification officielle de la mort de l’éléphant.

Les vétérinaires de l’état ont déterminé que Thong Sri était décédé d’une infection par le tétanos.

L’équipe de vétérinaires a appelé les médias de la Forest Industry Organisation (FIO) dont le siège est à Bangkok, pour réfuter les allégations de Duanpen. La FIO a déclaré que les éléphants ont été bien soignés par des vétérinaires et que des cornacs étaient logés à proximité dans une zone de surveillance des maladies.

Worrawit Rothjanaphaithoon, le directeur de IEN a admis que les éléphants auraient pu contracter la tuberculose de touristes qui visitent l’établissement de Lampang, mais il précise que cela est peu probable car un temps très court s’est écoulé depuis qu’ils sont à Lampang à la disposition des visiteurs. Le personnel [3] de IEN subissent des contrôles de santé semestriels, y compris de détection de la tuberculose. [4]

Taweepoke Angkawanish, un vétérinaire de l’hôpital des éléphants, a ajouté que de nombreux parcs d’éléphants ne prennent pas suffisamment soin de leurs animaux [5]. Il a encore dit que beaucoup d’éléphants vivent dans des logements surpeuplés et que des jeunes éléphants sont souvent obligés de jouer dans des spectacles alors qu’ils devraient passer du temps avec leur mère.

C’est un fait que la majorité des éléphants sont maltraités, heureusement il existe des lieux, dans la province de Kanchanaburi, comme Ganeshapark à Thong Pha Phum ou Elephant’s Worldà une trentaine de kilomètres au nord de Kanchanaburi. Ces établissements, non seulement respectent scrupuleusement éléphants, mais luttent pour en arracher le maximum à leur triste sort [6].


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Les parcs-usines à touristes
La concentration de dizaines ne favorise ni la prévention ni la prophylaxie. Déjection, urine, écoulement nasal et respiration peuvent véhiculer le bacille de la tuberculose.

Quelles mesures sanitaires ont été prises par les autorités thaïlandaises à Lampang et à Sai Yok ?

En effet, dès qu’il y a un diagnostic de tuberculose chez un éléphant, les mesures à prendre sont évidentes et consistent :
- à l’interdiction stricte de tout mouvement d’animaux du parc, jusqu’à ce que les mesures adéquates de dépistages et de soins aient été prises ;
- l’isolement immédiat des animaux malades et la mise en place de mesures de quarantaine, pour les bâtiments, le matériel, les animaux étant rentré en contact avec ceux malades et le personnel.
- l’inventaire de tous les éléphants ayant été en contact avec lui, mais aussi les autres animaux présents sur le site (chiens, chats...), sans oublier les animaux déplacés depuis peu de temps dans d’autres parcs.
- la réalisation des examens nécessaires sur l’ensemble des hommes et des animaux suspects [[ Un prélèvement de sang pour soumission à des tests
sérologiques comme le test rapide (RT) récemment mis au point et basé sur la technologie d’écoulement latéral, ElephantTB StatPak® et éventuellement la réalisation de lavages de trompe pour analyse bactériologique.
Ces mesures d’ urgence, ont-elles été prises à Sai Yok et à Lampang ?

Notes

[1La tuberculose qui affecte les éléphants est transmissible à l’homme.
Chez l’éléphant sauvages on ne rapporte pas de cas de tuberculose. Par contre de nombreux cas ont été déclarés chez des éléphants captifs. Chez pachyderme, l’infection peu visible au départ est principalement causée par Mycobacterium tuberculosis, agent de la maladie chez l’homme. L’existence de cette pathologie représente donc un risque grave de contagion de zoonose grave pour les employés et les visiteurs.
Pour l’OMS, depuis 1993, l’épidémie de tuberculose constitue une urgence mondiale. On sait que les éléphants captifs sont porteurs du bacille de la tuberculose humaine et sont fréquemment en contact avec le public par le biais des randonnées à dos d’éléphant et des contacts rapprochés. La maladie est aisément transmissible aux humains. La tuberculose et le SIDA sont les premières causes de mortalité du à une infection.

[3Vétérinaires et cornacs

[4Les éléphants n’auraient donc pas subi de contrôle de santé (y compris pour la tuberculose) à leur arrivée et avant la mort de l’un d’entre eux. Pour le mois une grave négligence !

[5Surtout les parcs-usines qui exploitent au maximum les éléphants

[6Voir le combat mené par l’association Wassana et François Collier pour sauver Wassana.
Ecoutons le :

« Wassanna est une éléphante exceptionnelle qui malgré son travail abrutissant a « gardé le sourire » durant toutes ces années de travail intensif et accablant ! Mais depuis quelques temps traitée comme une machine à pognon elle déprime les mahout qui la conduisent ne pensent qu’aux pourboires qu’ils obtiendront à la fin de chaque tour de manège L’état d’âme de l’éléphant ? Ils n"en n’ ont que faire
Nous devons impérativement la sortir de cet enfer quotidien avant qu’elle ne dépérisse transformée en robot de manège , sans âme ni espoir... »