Bordels

Deux maisons closes

Deux établissements offrant des prestations sexuelles depuis quelques décennies ont été fermés par les autorité avec un maximum de médiatisation.
Une fermeture qui ne laissera aux amateurs qu’un choix peu restreint parmi la douzaine d’établissements ayant pignon sur rue que j’ai pu recenser et qui poursuivent leurs activités.

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Fishbowl dans un bordel thaïlandais

La télévision locale a consacré une longue séance à l’intervention des untouchables [1] de la police locale dans un salon de massage body-body (aap ob nuat) discret, mais bien connu des résidents, dans la très touristique River Kwai Road (Thanon Mae Nam Khwae) juste en face l’établissement scolaire. Ce sont d’ailleurs la présence de gamines en âge scolaire dans ce bordel qui aurait motivé l’action des autorités.
 [2] Il semblerait qu’au pays du sourire, la prostitution des mineur(e)s soit plus interdite que celle interdite des adultes. Un explication peu crédible quand ont voit celles qui travaillent dans les bars ou dans les autres salons de massage [3].

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Le salon de massage au petit matin
D’ordinaire une bonne centaine de serviette sèchent sur le parking et le personnel de nettoyage vaque à ses occupations.


Gageons qu’avec les coutumes et le savoir faire thaïlandais les adolescentes sont en train de subir une cure de vieillissement accéléré qui va les rendre adultes et fréquentables sous peu, et permettre au bordel d’ouvrir à nouveau ses portes...

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Le deuxième établissement touché par la fermeture
Un salon de massage ordinaire avec fishbowl et « masseuses »

Le deuxième établissement fermé est un salon de massage proche du marché de nuit Jéjé qui utilisait surtout des prostituées chinoises et vietnamiennes alors que la prostitution locale de cette nature est surtout alimentée par la filière birmane [4]. Faut-il y voir une explication ?

Notes

[1The Untouchables est un film de Brian De Palma et réalisé en 1987. En français Le Incorruptibles qui raconte l’histoire de Eliot Ness et de son équipe de quelques hommes intègres pendant la Prohibition dans les années 30 à Chicago.

[2Selon des données de l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le tourisme de prostitution en Thaïlande représenterait 10% des cas d’exploitation sexuelle d’enfants et d’adolescents.
Le nombre d’enfants et d’adolescents prostitués pour le plaisir sexuel des touristes ou des locaux est effarant. En 2003, environ 200.000 enfants ont été impliqués dans l’industrie du sexe en Thaïlande. Ce qui représente environ 1,5% du groupe d’âge de 0 à 14 ans. Malgré la volonté affichée par les autorités, en 2012, selon le Thailand’s Health System Research Institute, 40% de la prostitution en Thaïlande serait une prostitution de mineurs. Depuis plusieurs années, les gouvernements a décidé de rompre avec son image de terrain de chasse pour pédophiles. Les arrestations médiatisées se sont multipliées et les autorités thaïlandaises ont mis en avant un bon nombre d’exemples pour convaincre de leur motivation. Mais la réalité est là, selon les organisations internationales, la prostitution enfantine en Thaïlande ne diminue pas mais serait en réalité en plein essor.

[3Il n’est pas question ici des petites boutiques de la Thanon Mae Nam Khwae, ou les pratiques sexuelles ne sont ni autorisées ni courantes. Certaines masseuses peuvent proposer des petits suppléments en échange d’un tip mais c’est assez rare. Ces pratiques sont plus courantes et plus systématiques, dans les grand salons avec une vingtaines de masseuses derrière une vitrine que l’on trouve en ville. Mais le service n’est habituellement pas proposé aux touristes farang

[4Liaya, une jeune Népalaise, évoque cette filière dans un témoignage

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« Je suis allé a la police Thaïlandaise et j’ai demandé a être réfugiée. À ma grande surprise, ils m’ont dit que c’était possible de rester si je travaillais dans la construction ou dans le « farang business ». (La prostitution ou les bars). Si je choisis la première solution, je peux rester un ou deux ans, le temps des chantiers, mais la vie y est épouvantable, comme des bestiaux, avec interdiction de sortir du chantier ou du bâtiment ou tous les ouvriers sont parqués. »