Le témoignage d’un bonze recueilli par Majorie Chiew

Dangers dans la forêt à Kanchanaburi

Toutes sortes de dangers se cachent dans les bois. Alors, que peut faire un bonze vivant dans la forêt quand il tombe sur les animaux sauvages ?

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Assis dans une méditation profonde...
La corniche la plus dangereuse peut calmer l’esprit.

« J’avais peur au départ et des pensées de mort m’a traversé l’esprit. Quelque part, j’ai appris à accepter mon destin », explique Adjahn Cagino, après des années passées dans la forêt.

« Il était sans ressources » lorsque les animaux sauvages se sont approchés, à plusieurs reprises, de son campement dans les forêts reculées de Kanchanaburi.

« La première fois, j’étais tout dans la forêt profonde, j’étais excité et agité. La peur m’a saisi quand j’ai entendu le rugissement du léopard. Je savais que c’était un léopard parce que j’avais été prévenu par les gens du voisinage. J’ai pensé que j’allais mourir. Je ne pouvais pas dormir », se souvient Cagino. « J’ai été frustré de voir que je n’avais aucun papier et un crayon pour écrire une note pour ma maman et ma sœur dans le cas où ma dernière heure aurait sonné ! »

Cette nuit-là, il est resté assis, éveillé jusqu’au petit matin.

Cagino également rencontré deux ours à deux occasions distinctes.

« Une nuit, j’ai été réveillé par un bruit très proche. Je me suis levé et j’ai regardé, caché derrière un tronc d’arbre géant et agité depuis ma retraite un flambeau dans les ténèbres.
Quand l’ours vit la lumière, il se tenait sur ses deux pattes arrière, prêt à combattre. Ne voyant pas d’ennemi, l’ours effrayés s’est enfui », raconte Cagino.

Le lendemain matin, il vit que l’ours avait creusé une véritable clairière dans les buissons lors de sa fuite.

Un mois plus tard, il a vu un ourson tout en marchant sur une colline.

« Il avait l’air si câlin, semblable à un ours en peluche. Elle avait la fourrure grise - chocolat avec une tache blanche sur sa poitrine. J’ai couru vers lui et il a déguerpi avec effroi », se souvient Cagino.

À une autre occasion, Cagino méditait dans une tente de fortune sous une moustiquaire quand il a entendu le rugissement du tigre. Les rugissement du félin sauvage ont continué un certain temps, Cagino, en colère contre lui-même, s’est recroquevillé tremblant de peur. Il s’interrogeait sur cette peur du gros chat sauvage.

« Après un moment, je me suis résigné à accepter mon sort. J’ai repris courage et me suis levé pour aller voir. J’ai pris mon bâton de marche muni d’une lanterne et une lampe de poche. J’ai traversé la rivière pour trouver le tigre mais il n’y avait aucun signe d’e lui. Je suis retourné dans ma tente pour se reposer », explique Cagino.

Le lendemain matin, après s’être brossé les dents et lavé le visage dans la rivière, il est allé à la recherche de la piste du tigre.

« J’ai trouvé une empreint de patte de sept pouces et demi [1] à quelques 100 mètres de mon campement près d’une rivière. »

Par Majorie Chiew

Voir en ligne : Danger in the woods

Notes

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