À la croisée des chemins

Coucher de soleil sur la rivière Kwai

Claire et Guillaume un couple de trentenaire à la croisée des chemins. À un âge critique, ils ont décidé de marquer la fin de leur adolescence par un voyage que d’aucuns pourraient qualifier d’initiatique... [1]

Pour avoir déjà un peu voyagé à travers le monde, ils ont voulu remettre « l’Autre au centre du voyage, de rencontrer cet inconnu qui nous fait tant peur. Alors que la Terra Incognita n’existe plus, il nous [à nous tous] reste encore à découvrir l’Homo incognito. C’est pourquoi ils ont voulu aller à la rencontre de ceux qui s’engagent tous les jours pour de (justes) causes, ceux qui sont les vecteurs de changements pour un monde meilleur et ils ont décidé d’agrémenter leur voyage de périodes de bénévolat dans des organisations locales de protection de l’environnement ou impliquées dans l’économie sociale et solidaire....
Coucher de soleil sur la rivière Kwai
Extraits :

Vous autres, vous avez la montre, nous nous avons le temps !

« Ce qui devait arriver, arriva ! Nous nous sommes perdus dans une faille spatio-temporelle, quelque part vers Kanchanaburi. La majorité des touristes n’y passe qu’une paire de jours, nous y sommes restés plus de quinze jours. Depuis quelques temps déjà notre rythme avait tendance à cruellement décélérer pour finalement se mettre au point-mort en arrivant dans cette ville.
Déboussolés par les inondations qui ont remis en cause notre itinéraire en Asie du Sud-Est en coupant un nombre incalculable de routes, englués par la moiteur de ce bord de rivière que l’on peut regarder sans avoir peur qu’elle ne déborde, ou encore réchauffés par le retour du soleil et du ciel bleu, nous n’avons perdu le compte et n’avons plus compté les jours.
Ceux-ci ont délicieusement glissé entre nos doigts, comme le sable du sablier, les grains infinis s’égrainant petit à petit. Un bon mot sénégalais se rappelle à nous :
« Vous autres, vous avez la montre, nous nous avons le temps ! ». On pourrait l’édifier au rang de proverbe et nous le prenons au mot.

On aimerait avoir lu du Marguerite Duras pour trouver les mots justes

JPEG - 76.3 ko
Combat de tigres à Kanchanaburi
© A la croisée des chemins

La rivière Kwaï avec son rythme languide nous hypnotise, quelques bateaux viennent parfois troubler ce calme, seul le soleil semble être en mouvement pour venir se coucher en face de nous et nous gratifier quotidiennement d’une belle lumière colorée....

Plus loin, le chat du Dr No ricane doucement dans sa cage.

Les balades dans les rizières amènent un peu d’air frais, le vent courbe les plantes, les champs se meuvent immobiles, une vague de vert. Réminiscences d’images des films de Miyazaki [2]. Le bruissement léger donne à frissonner. La canne à sucre parait si insensible, voire austère à la caresse d’Éole...

Lever de soleil à la gare de Kanchanaburi

JPEG - 31.2 ko
Lever de soleil à la gare de Kanchanaburi
© A la croisée des chemins

À la recherche de fraicheur, direction les nombreuses chutes d’eau de la région. _ Le week-end a amené avec lui de nombreuses familles thaïlandaises [3] pour se baigner... Les cascades servent de décor de fond à de nombreuses photos et il semblerait que la dernière mode soit de prendre des poses lascives [4]. À qui ou à quoi peuvent bien être destinées de telles œuvres ? Pendant ce temps, les Thaïlandais se baignent habillés. Comme deux électrons autour du noyau d’un atome qui jamais n’entrent en collision, les deux populations cohabitent sans heurts, sans se voir, sans se toucher. Quelle monde étrange ! Assis au bord de l’eau, nous comptons les points : sur la gauche, un bikini dans une pose qu’on ne préfère pas décrire ; à droite, une famille apprend à nager.

Et c’est ainsi que nous avons donné 15 jours à Kanchanaburi.

Claire et Guillaume, le 14/12/2011



Vous avez aimé comme moi ?
Alors donner leur un petit coup de pouce ;
Concours Votez pour eux au concours du meilleur blog de voyage 2011 du magazine Marie Claire Maison, cliquez sur le lien : Concours Marie Claire

Ils ont inscrit trois photos au concours-photo de l’AFD (Agence Française de Développement) et Kanchanaburi Guide vous encourage vivement à voter
- À son rythme
- En attendant les inondations
- Le soleil au service du développement
Merci d’avance et à bientôt sur le blog et à Kanchanaburi !

Voir en ligne : Kanchanaburi : une faille spatio-temporelle

Notes

[1Après avoir écrit une première introduction, j’ai préféré vous livrer ce plagiat de la présentation de Claire et Guillaume (Qui sommes-nous ?). En effet difficile de dire mieux qu’eux ce qu’ils disent.
Un style précis, pétillant, coulant comme la rivière Kwaï Yai le matin, caractérise le récit de leur voyage. La place de l’image y est juste. Les illustrations sont équitablement réparties entre originalité et information, entre témoignage et création poétique.
Une lecture que je vous recommande sans modération !

[2Hayao Miyazaki est un réalisateur de dessins animés et dessinateur de manga japonais. Son film Princesse Mononoké l’a fait connaitre partout dans le monde. Les mêmes thèmes centraux de son œuvre tournent autour du rapport entre les hommes et la nature,entre l’écologie et la technologie, l’impossibilité de rester pacifiste dans le monde en guerre.

JPEG - 43.9 ko
Miyazaki et l’écologie

[3NDLR : nous avons remplacé thaï qui qualifie ceux qui parlent le thaï par thaïlandais qui qualifie ceux qui habitent la Thaïlande indépendamment de leur langue.

[4NDLR : je pense qu’il s’agit des Farang, les habitant du pays du sourire sont très pudiques. Les touristes ne sont pas conscients que Erawan est un lieu sacré. Que penseraient-ils si des Thaïlandaises se promenaient en bikini à Notre-Dame de Lourdes ?