Fait de société

Alcoolisme

Avec rès de 15 millions de consommateurs réguliers, la Thaïlande est même la première nation consommatrice d’alcool dans la zone Asie, devant la Corée et le Japon. Au niveau mondial elle est dans le top 10.
 [1].

Beaucoup d’étrangers de passages ou expatriés sont des alcooliques chroniques qui s’ignorent ou font semblant de s’ignorer. Pathétique et lamentable.

Fin saoul

Avec rès de 15 millions de consommateurs réguliers, la Thaïlande est même la première nation consommatrice d’alcool dans la zone Asie, devant la Corée et le Japon. Au niveau mondial elle est dans le top 10.
 [2]

En Thaïlande la pression des lobbies industriels est très importante. L’effroyable publicité faite pour l’alcool réduit à néant l’efficacité de la batterie de réglementations et de mesures préventives du gouvernement.

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Songkran, le nouvel an bouddhiste est l’occasion de beuveries
Celles-ci provoquent outre des accidents, des incidents dégénérant en violence.

Pendant les quatre premiers jours de Songkran 2012 [3], plus de 230 personnes sont mortes dans près de 2.500 accidents de la route, dont 40% sont imputable à l’abus d’alcool au volant. Près de 15 millions de Thaïlandais (23% de la population) sont victimes de l’alcoolisme, surtout du whisky [4]. La Thai Health Promotion Foundation, a constaté que la consommation d’alcool a régulièrement augmenté au cours des dernières années, passant de 20 litres [5] par an par habitant en moyenne en 1989 à plus de 60 litres en 2012. Les Thaïlandais occupent désormais la cinquième place mondiale après les Portugais, les Irlandais, les Bahamiens et les Tchèques.

Theera Watcharapranee, le directeur de l’association StopDrink précise

« Les Thaïlandais ont toujours énormément bu : c’est culturel. Mais dans les années 1990 et 2000, le gouvernement a encouragé la population à consommer plus d’alcool pour soutenir les industries nationales. C’est grâce au classement planétaire que le gouvernement s’est enfin rendu compte des problèmes liés à l’alcool. Et puis, il a aussi compris les pertes économiques causées par les dépenses de santé, les destructions matérielles à la suite des beuveries, etc. Elles avoisinent les 150 milliards de THB (3,5 milliards EUR ) par an, soit entre 2 et 3% du PIB. »

C’est seulement en 2001, sous le gouvernement de Thaksin, que le ministère de la Santé a créé la Thai Health Promotion Foundation, la première organisation gouvernementale autonome d’Asie financée par des taxes prélevées auprès des producteurs et des importateurs d’alcool et de tabac.
Depuis la fondation Thai Health est à l’origine de nombreux projets de lois Elle a publié 24 rapports et études scientifiques ont été publiés afin de donner aux autorités d’assister le gouvernement pour en place des mesures de prévention adaptées.

Les Thaïlandais des classes moyennes et ceux des classes défavorisées sont plus touchés par la dépendance à l’alcool. Ainsi près de 30% des ouvriers issus du milieu rural sont des alcooliques chroniques. C’est leur manière de noyer leur chagrin ou de se prouver quelque chose  [6]

Depuis 2003, les campagnes préventives sont d’intégrées aux fêtes religieuses, car 97% de la population est bouddhiste et que ces festivités sont l’occasion de beuveries.
Theera Watcharapranee nous explique que

« Les Thaïlandais n’ont pas l’habitude de fêter le carême bouddhique (de juillet à octobre), le nouvel an thaïlandais, Songkran, ou le nouvel an chinois en buvant de l’eau. »

Les campagnes préventives ont été extensives. Selon l’Office national de la Dès 2006, 91,3% de la population était informée des risques liés à l’absorption d’alcool et 52% sont disposés à modifier leur comportement.

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Les jeunes consomment de plus en plus d’alcool

Mais rien n’a permis de faire baisser la consommation d’alcool. Bien au contraire, chez les jeunes [7], le nombre d’adolescents sous l’emprise de la boisson a augmenté de plus de 70% ces dix dernières années [8]. En cause, les 2.000 supérettes [9] et les débits de boissons qui se sont multipliés à proximité des universités, des cinémas, des centres commerciaux et des parcs.
La responsable des relations internationales de StopDrink affirme que :

« Les adolescents et les jeunes adultes sont devenus la cible privilégiée des producteurs et distributeurs d’alcool »,

En Thaïlande nombreuses sont les marques qui sponsorisent ou organisent des concerts et diffusent leurs messages sur internet, canal privilégié des jeunes, ou sur les lieux de vente (pubs, restaurants, discothèques) en dépêchant des hôtesses-serveuses reconnaissables à leur uniforme sexy aux couleurs de la marque et leurs longues jambes dénudées.

Depuis 2003 toute publicité télévisée pour des boissons alcoolisées est interdite avant 22 heures, c’est à dire avant l’heure pendant laquelle les jeunes regardent le plus la télévision.
En 2006, un arrêt a interdit l’alcool aux mineurs et n’en autorise la vente qu’entre 11 heures et 14 heures et entre 17 heures et minuit. Les boissons alcoolisées sont aussi interdite à la vente et à la consommation dans les établissements scolaires, les parcs ou encore les administration, sous peine de sanction [10].

Sur la route, le taux d’alcoolémie toléré est fixé à 0,5 grammes, le même qu’en France. Depuis 2008, les personnes en infraction sont théoriquement emmenées au poste et sont jugées en en comparution immédiate. Les amendes coûtent entre 6.000 et 10.000 THB. Sans oublier les six mois à deux ans de suspension du permis de conduire et les heures de travaux d’intérêt général. Les étrangers sont soumis aux mêmes lois. Rien n’y fait : la conduite sous l’emprise de l’alcool reste la principale cause des accidents de la route [11].


Les touristes, les expats et l’alcool !
Pour les visiteurs comme pour les résidents la Thaïlande est considérée comme le paradis de l’alcoolique.
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Full moon à Koh Phangan. Une orgie de drogue, d’alcool et de sexe
Beaucoup de touristes se retrouvent involontairement, au réveil, dans le lit d’un travesti qui constituent jusqu’à 30 % des filles vénales sur le site...

Pour beaucoup de touristes qui viennent en Thaïlande la tentation est grande : le sites touristiques comme Pattaya, Phuket, Chiang Mai, Koh Samui... alignent des centaines de bars, et on peut y voir habituellement les Farang boire à toute heure du jour ou de la nuit. Le fait que l’alcool est relativement peu cher en Thaïlande par rapport à d’autres parties du monde facilite cette consommation. Une grande quantité de gens qui viennent en Thaïlande tombent dans les problèmes liés à la surconsommation d’alcool. Pas tous heureusement mais la majorité surtout chez les jeunes et les retraités
Les expatriés en Thaïlande ont une réputation confirmé de très forte consommation d’alcool. [12]. L’impression de la soulardise des expatriés est renforcée par le fait qu’un grand nombre d’entre eux qui vivent dans des zones touristiques où la consommation excessive d’alcool est la norme. Pour de nombreux expatriés la vie sociale tournent autour des bars, soit qu’ils en soient propriétaires, soient consommateurs (souvent les deux).
Ce qui est très frappant pour les observateurs sobres c’est que la plupart des alcooliques chroniques ne se sentent absolument concernés par leur toxicomanie qu’ils nient ou minimisent. Comme ils en minimisent l’impact sur leur action, leur vie, leurs relations sociales et familiales et leurs éventuelles activités professionnelles. Certains de mes amis se reconnaitront et seront reconnus dans cette description. c’est surtout pour eux que j’ai écris cet article.

La tolérance générale en Thaïlande favorise des comportement que beaucoup n’auraient pas dans leur pays d’origine. Les retraités qui viennent et/ou vivent en Thaïlande ont habituellement beaucoup de temps libre. Ils passent souvent ce temps supplémentaire dans les bars.
Une autre cause de cette abus d’alcool est lié au choc culturel, un phénomène bien connu qui touche la plupart des expatriés une fois qu’ils sont installés pour lontemps. Des sentiments ressentis d’aliénation sont l’une des raisons majeures de l’abus d’alcool.
Les expatriés en Thaïlande vivent parfois des périodes où ils se sentent incroyablement seuls et s’adonnent alors à la boisson. C’est souvent le cas des expatriés qui vivent dans les régions rurales reculées de la Thaïlande et trouve ainsi une une évasion de cette solitude. Même ceux qui parlent assez bien le thai local, ont des difficultés à parler, en profondeur et en confiance, de leurs problèmes et leurs préoccupations avec des aborigènes dont les règles leur échappent.
Mais, il ya des gens qui viennent en Thaïlande avec l’intention de boire beaucoup. Certains, à l’âge de la retraite estiment qu’ils ont gagné le droit de boire.

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Bangkok Hospital

Pour les expatriés qui ont des problèmes d’alcool en Thaïlande il y a des dangers bien réels.
L’absence de membres de la famille et d’amis capables d’intervenir amplifie considérablement les risques. Les ressources disponibles pour les personnes cherchant de l’aide pour un problème d’alcool en Thaïlande sont très rares. Les retraité voient la gravité des conséquences amplifiées par l’âge, leur corps est beaucoup moins en mesure de traiter l’abus que les plus jeunes. L’abus d’alcool entraine obligatoirement la maladie et les blessures. Les personnes qui n’ont pas d’assurance de santé adéquats se trouvent alors, en réelle difficulté lorsqu’elles ont besoin d’assistance médicale en Thaïlande. L’alcool local est relativement peu cher en Thaïlande et ceux qui sont prêts à boire lao khao, la locale locale à base de riz, peut se souler pour seulement quelques EUR par jour.
Dans la majorité des cas où des étrangers rencontrent des problèmes en Thaïlande, il est habituel que l’alcool soit impliqués.


Ressources pour les alcooliques en Thaïlande
Il y a un certain nombre de grandes ressources disponibles pour les personnes en Thaïlande, qui rencontrent des problèmes avec l’alcool, y compris :
- DARA Alcohol and Drug Rehab est considéré par beaucoup comme le meilleur centre de lutte cobntre à l’alcool en Asie. Les gens y viennent de partout dans le monde pour une cure de désintoxication.
- Thamkrabok Temple est un temple bouddhiste qui offre une approche peu orthodoxe de traitement de la toxicomanie. Ce temple a aidé de nombreux Thaïlandais et les Occidentaux qui ont échoué à d’autres options thérapeutiques.

- Alcoholics Anonymous est présent en Thaïlande dans les grandes zones urbaines et touristiques.

Notes

[1Selon l’Organisation mondiale de la santé (CIM-10), l’alcoolisme est classé en deux types :
- l’alcoolisme aigu. Il se manifeste par une consommation occasionnelle, plus ou moins importante. Il n’entraine pas en général de phénomène de dépendance, contrairement à l’alcoolisme chronique et à la dipsomanie.
- l’alcoolisme chronique qui correspondant à une consommation régulière (quotidienne) et chronique, plus ou moins importante. La consommation répétée et habituelle, au-delà de deux à trois verres de vin ou de bière chaque jour, qui n’a pas forcément comme objectif d’être saoul, en est la caractéristique principale.

[2Selon l’Organisation mondiale de la santé (CIM-10), l’alcoolisme est classé en deux types :
- l’alcoolisme aigu. Il se manifeste par une consommation occasionnelle, plus ou moins importante. Il n’entraine pas en général de phénomène de dépendance, contrairement à l’alcoolisme chronique et à la dipsomanie.
- l’alcoolisme chronique qui correspondant à une consommation régulière (quotidienne) et chronique, plus ou moins importante. La consommation répétée et habituelle, au-delà de deux à trois verres de vin ou de bière chaque jour, qui n’a pas forcément comme objectif d’être saoul, en est la caractéristique principale.

[3Le nouvel an bouddhiste thaïlandais.

[4Authentique ou local, souvent du rhum.

[5Soit 7,8 litres d’éthanol contre 0,5 l en 1970.

[6Wade Dupuis, président d’Alcohol Rehab Thailand, qui gère deux centres de réhabilitation situés à Kanchanaburi et à Koh Chang.

[7Plus de trois millions de jeunes étaient alcooliques d’après un rapport de 2010. Et plus grave, près de 60 % des femmes dans le nord du pays.

[82001 - 2011

[9En particulier les Seven Eleven.

[10Un mois de prison et/ou 1.000 THB d’amende . C’est aussi le budget moyen de consommation d’alcool des ménages Thaïlandais pour un mois. Ces 1.000 THB représentent cinq jours de salaire minimum et 18% du salaire mensuel moyen d’un Thaïlandais. pour bien comprendre il faut savoir que par exemple, les ménages français consacrent eux en moyenne 1% de leur budget mensuel aux boissons alcoolisées et les Suisses 2%.
.

[11Dans plus de de 60% des cas.

[12Il y a beaucoup d’expatriés sobres ou qui boivent chez eux en solitaire et que l’on ne voit pas dans les bars