Ephémérides

24 juin

24 juin 1932 - Renversement de la monarchie absolue
Le 24 juin 1932 un coup d’État renverse la monarchie absolue et aboutit à la promulgation d’une monarchie constitutionnelle.

Parmi les conspirateurs du Parti du Peuple
 [1]
se trouve le sinistre lieutenant-colonel Plaek Pibulsonggram
 [2], le futur dictateur plus connu sous le nom de Phibun.

Un autre tendance fut celle de Pridi Phanomyong qui fut le doctrinaire de ce coup d’État. Pridi est l’auteur du programme du Parti du peuple. Le point trois de ce programme (sur six) avait un aspect progressiste il disait :

« Une politique économique nationale doit être élaborée pour garantir à chacun un travail rémunérateur. »

Le 30 septembre 1932, le Parti communiste avait fait distribuer un tract
ronéotypé, se déclarant contre le nouveau régime qu’il mettait « dans le
même sac
 » que l’ancien.
Cette position d’un Parti communiste fantomatique thaïlandais allait servir Phibun contre l’aile gauche du Parti du Peuple . Le 2 avril 1933, le gouvernement proclamait une loi anticommuniste dirigée en fait contre Pridi et ses partisans peu nombreux [3]. L’armée prenait ainsi un pouvoir qu’elle n’a plus abandonnée depuis.
En 1935, le roi Prajadhipok, Rama VII abdique et s’exila au Royaume-Uni suite à un contre-coup d’État « la rébellion Boworadet » . Son neveu Ananda Mahidol âgé de 10 ans, écolier en Suisse, est désigné pour lui succéder sous le nom de Rama VII.

En 1946, le roi Rama VII mourrait dans des circonstances tragiques, toujours inexpliquées, son frère Bhumibol Adulyadej, lui succéda sous le nom de Rama IX. SM le roi Bhumibol est toujours à la tête du royaume [4].

Notes

[1Fin de 1931, Khana Ratsadon - คณะ ราษฎร, le (Parti du Peuple
comptait 102 membres, séparés en deux branches, les civils et les militaires dont les sept meneurs :
- le sous-lieutenant d’artillerie Plaek Khittasangkha (devenu Luang Pibunsongkhram, Phibun) ;
- Pridi Panomyong (Luang Praditmanutham)
- Prayoon Phamornmontri officier ancien page du roi Vajiravudh (Rama VI) ;
- le colonel Phraya Phahol Pholpayuhasena ;
- le colonel Phraya Songsuradet, directeur de l’éducation à l’Académie militaire ;
- le colonel Phraya Ritthiakhaney, commandant de l’artillerie de Bangkok ;
- Phra Phrasasphithayayut, officier ;
- le capitaine de vaisseau Luang Sinthusongkhramchai, officier de marine.

[2

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Le dictateur Plaek Phibulsongkhram

Plaek Phibulsongkhram est homme-clé du coup d’État de 1932, il exerça un pouvoir quasi absolu jusqu’à sa chute. Nationaliste extrémiste il rebaptisa en 1939, le Siam lui donnant le nom de Thaïlande : le pays de Thaï, rejetant dans les près de soixante autres composantes ethnolinguistiques du pays.
Plaek Phibulsongkhram qui était pro-japonais et adepte de la théorie de l’espace vital, revendiquait la totalité des territoires que le Siam avait occupés au cours de son histoire.
Lors de la Seconde Guerre Mondiale Il autorisat l’accès du golf du Siam aux Japonais qui occupèrent en partie le pays. Afin de faire la conquête de la Birmanie et de l’Inde sous domination britanique, les Japonais ont entrepris de construire la voie de chemin de fer, traversant la Thaïlande jusqu’à la Birmanie.
En 1942, Plaek Phibulsongkhram déclarait la guerre aux États-Unis et à la Grande Bretagne.
En 1944, il se retirait laissant la place à un groupe de civils démocrates conduit par Pridi Phanomyong, qui dirigeait une autre composante lors du coup d’État de 1932. Ce dernier a soutenu par les États-Unis, fondé puis animé un mouvement de résistance anti-japonais.
Pibulsonggram fut arrêté par les Alliés et inculpé de crimes de guerre. Il fut finalement acquitté...
En novembre 1947, des unités de l’armée contrôlées par Phibun démissionnent le gouvernement de Pridi. Phibun redevient premier ministre en avril 1948 avec la complicité des États-Unis.
Son régime revêt le masque de la démocratique. La Thaïlande bénéficie alors des subsides des États-Unis et participe à la force multinationale des Nations Unies lors de la Guerre de Corée.
L’ultra nationaliste et raciste Phibun reprend sa politique anti-chinoise des années 1930. Son gouvernement stoppe l’immigration chinoise et s’attaque à la domination économique des Chinois en Thaïlande. Les écoles et associations chinoises sont de nouveau interdites.
En 1951, alors qu’il se trouve à bord du USS Manhattan de la marine américaine, Phibun est capturé par un groupe d’officiers de la marine thaïlandaise. Des combats opposent, dans les rues de la capitale la marine et l’armée de terre soutenue par l’armée de l’air. Phibun s’échappe à la nage du cuirassé Sri Ayutthaya. Les marins déposent les armes. L’armée reste au pouvoir ! Le 29 novembre 1951, l’armée rétablie la constitution autoritaire de 1932.
Phibun meurt le 11 juin 1964 au Japon.

[3_ En mars 1933, Pridi proposa un vaste programme de réformes économiques et sociales le Plan national de développement économique dans l’optique de ce point trois. Ce programme est connu sous le nom de Le Livre Jaune. Les timides cotés socialiste visant à dépasser le sous-développement du Siam étaient de trop pour le conservateur de Phibun. Le plan organisait la participation sociale de l’État, proposait de distribuer toutes les terres confisquées à la monarchie aux paysans pauvres, d’imposer les entreprises du secteur privé et de fournir des subventions aux agriculteurs. Ces concepts ont été jugées communistes par le monarque. Cela a conduit Thawan Ritthidet , un citoyen ordinaire, à déposer une plainte contre le roi, l’accusant d’ingérence dans les affaires politiques, l’État et l’économie. Le Premier ministre, Phraya Manopakorn Nititada, dissout alors l’Assemblée nationale le 1er avril et décréta l’État d’urgence et utilisa des décrets (comme la loi anticommuniste du 2 avril) pour gouverner. Pridi a été expulsé vers la France

[4Février 2012