Un canal coupera-t-il la Thaïlande en deux ?

Le canal thaï va peut-être voir le jour 343 an après qu’il ait été envisagé par Narai le Grand.

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Situation des tracés envisagé pour le canal thaï


La Chine pourrait financer un nouveau projet de canal passant par l’isthme de Kra, où la Thaïlande se réduit à une largeur de 44 kilomètres. En évitant ainsi de passer par le détroit de Malacca, situé entre l’île de Sumatra et la Malaisie , les bateaux circulant entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie économiseraient trois jours de voyage et 1 200 kilomètres. De plus, ce projet donnerait la possibilité au trafic maritime de contourner le détroit de Malacca, l’une des zones de piraterie les plus actives dans le monde. Cette concurrence a suscité des rumeurs de complot selon lesquelles Singapour et la Malaisie achèteraient les politiciens thaïlandais pour retarder le projet.

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Détroit de Malacca

La réalisation d’une liaison terrestre a démarré en 1993. La route thaïlandaise n° 44 en est le seul tronçon achevé, mais n’atteint pas la mer, puisqu’on ne sait où devraient se trouver les ports. Ses voies sont séparées par un espace de 150 mètre en prévision de la construction d’une voie de chemin de fer et d’un possible oléoduc. Aujourd’hui la construction est stoppée pour des raisons environnementales.

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Route 44 inachevée

En mai 2015, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué que le gouvernement chinois n’avait aucun engagement concernant un mémorandum de compréhension (MDC) pour le projet de canal de l’isthme de Kra en Thaïlande.
Les médias avaient annoncé que des entreprises thaïlandaises et chinoises avaient signé un mémorandum de compréhension à Guangzhou, capitale de la province chinoise du Guangdong, pour creuser un canal de navigation à travers l’isthme de Kra dans le sud de la Thaïlande.

Canal thaï

Le canal thaï est un projet de canal traverasant l’isthme de Kra. Il offrirait une voie directe entre la mer d’Andaman et la mer de Chine, en permettent aux bateaux de contourner la Malaisie. Dès le XVIIE siècle, un tel projet est envisagé.

La largeur de l’isthme de Kra est de 44 kilomètres, avec des collines de 75 mètre.
La longueur terrestre du canal pourrait varier de entre 50 et 100 kilomètres suivant le tracé choisi.

En 1677, le roi du Siam Narai le Grand avait demandé à l’ingénieur français de Lamar d’étudier la possibilité de construire un canal pour relier Songkhla à Marid (aujourd’hui en Birmanie). L’idée fut abandonnée, car pratiquement impossible avec les moyens de l’époque. Elle fut reprise en 1793, par le jeune frère du roi Rama Ier afin de protéger plus facilement la côte ouest du Siam pour les navires de guerre. Au xixe siècle, la Compagnie anglaise des Indes orientales envisagea aussi à un canal dans la région, après la conquête de région de Tanintharyi lors de la première guerre anglo-birmane en 1826. Kawthaung (Victoria Point, alors) dans l’estuaire de la Kraburi, était le point le plus méridional des possessions britanniques et une exploration fut entreprise en 1863, avec des résultats négatifs. En 1882, le constructeur du canal de Suez, Ferdinand de Lesseps, ne fut pas autoriser à approfondir le projet par le roi Chulalongkorn (Rama V). En 1897, le Siam et les britanniques s’accordèrent pour ne pas construire de canal pour ne pas nuire à Singapour.

Au xxe siècle, plusieurs projets furent étidiés, avec un autre tracé, plus au sud, entre Phang Nga à l’Ouest et la baie de Bandon près de Surat Thani à l’Est. Le dernier tracé etudié est encore plus méridional, traversant les provinces de Trang et de Nakhon Si Thammarat.

Le canal créerait un essor économique pour les provinces environnante et le pays tout entier. Il serait en compétition direct avec les ports du détroit de Malacca comme Singapour et Port Klang.

En 2005, un rapport interne de Donald Rumsfeld, le Secrétaire à la Défense des États-Unis a révélé un projet de financement intégral du canal par la Chine, avec des installations portuaires et des raffineries chinoises, faisant partie de sa stratégie du Collier de perles de bases avancées et de sécurité énergétique chinois. Le projet chinois envisage dix ans de construction pour environ 30 000 personnes et un coût compris entre 20 et 25 milliards de USD.